À La Réunion, le centre de tri de La Mare, à Sainte-Marie, a inauguré le vendredi 30 octobre 2026 sa nouvelle ligne de tri. Exploité par VALOI, filiale de Suez sur l’île, le site a été modernisé pour accepter une gamme d’emballages plastiques bien plus large qu’auparavant. Ce chantier industriel illustre bien ce qu’impose l’extension des consignes de tri : changer de process, pas seulement de discours.
Plan de l'article
Une ligne repensée pour tous les emballages plastiques #
Selon Imaz Press, la nouvelle chaîne prend désormais en charge des emballages que l’ancienne installation ne savait pas traiter : pots de yaourt, barquettes et films plastiques. C’est précisément la catégorie la plus délicate pour un centre de tri. Les films s’enroulent, les barquettes se confondent avec d’autres résines, et les petits formats échappent aux équipements conçus pour les bouteilles et les flacons.
Le reportage de Freedom, réalisé lors de l’inauguration, décrit l’équipement : capteurs optiques de dernière génération, lignes de tri automatisées complétées par des postes de tri manuel, presse à balles qui compacte les matières triées en balles denses, engins de manutention qui alimentent les box de stockage. Les postes ont aussi été repensés, avec des cabines climatisées et des postes ergonomiques, un point loin d’être accessoire sous le climat réunionnais.
Des capacités en nette hausse #
Les deux médias donnent les mêmes ordres de grandeur. La capacité annuelle passe de 9 000 à 12 000 tonnes, soit une hausse d’un tiers. Le débit horaire double à peu près, d’environ 2 tonnes à environ 4 tonnes par heure. Freedom traduit ce débit en plus de 11 000 bouteilles en PET triées chaque heure.
L’investissement atteint 4 millions d’euros, financés par Suez, dont 2,6 millions consacrés au process de tri lui-même. D’après Imaz Press, le centre sert environ 350 000 habitants des territoires de la CINOR et de la CIREST, dans le nord et l’est de l’île.
Un programme ultramarin plus large
La modernisation s’inscrit dans un effort mené dans plusieurs territoires d’outre-mer. Imaz Press indique que l’éco-organisme Citeo, partenaire de l’inauguration avec le syndicat de traitement des déchets SYDNE, porte un programme national de 25 millions d’euros qui accompagne six centres de tri en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion. Sur une île, l’enjeu est d’autant plus fort que chaque tonne mal triée finit enfouie localement ou doit être expédiée loin, à grands frais.
L’automatisation n’a pas fait fondre l’emploi #
C’est l’un des points marquants du projet : la montée en automatisation s’accompagne de créations de postes. Les effectifs en CDI passent de 26 à 42 personnes, soit 16 emplois supplémentaires. Sur les 12 agents de tri recrutés, six sont passés par un parcours d’insertion professionnelle, en partenariat avec la structure d’insertion Le Zarboutan. Deux postes d’agents qualité ont été pourvus par mobilité interne.
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Lors de l’inauguration, Aurélie Pavageau, directrice générale de Suez Recyclage & Valorisation Outre-mer, a défendu l’idée qu’une industrie plus performante peut aussi créer des emplois, rapporte Imaz Press. Freedom souligne de son côté l’absence d’accident du travail avec arrêt sur le site et rappelle son histoire : une activité lancée il y a plus de vingt ans sous un simple hangar avec sept salariés, puis un incendie en 2018 qui a détruit le site sans entraîner de licenciement.
Ce que ce chantier dit des lignes de tri modernes #
Pour les industriels de l’emballage et du recyclage, le cas de Sainte-Marie résume les choix techniques actuels. Le tri optique identifie les résines et les couleurs à grande vitesse, mais il ne suffit pas seul : les films souples réclament des séparateurs dédiés en amont, et le tri manuel reste indispensable pour le contrôle qualité en bout de ligne. La presse à balles, enfin, conditionne la valeur de la matière, car des balles denses et homogènes se revendent mieux et coûtent moins cher à transporter.
Doubler le débit horaire pose aussi des questions de maintenance. Des capteurs optiques encrassés ou des convoyeurs mal réglés font chuter la pureté des flux, et donc le prix de reprise de la matière. Les sites qui réussissent ce type de montée en cadence planifient le nettoyage des capteurs, le remplacement des pièces d’usure et la formation des opérateurs dès la conception de la ligne, et pas après les premiers arrêts.
Le dernier enseignement est humain. La ligne de La Mare combine automatisation et postes manuels revalorisés, avec un effort sur l’ergonomie et l’insertion. Pour des métiers longtemps jugés pénibles, c’est un argument de recrutement autant qu’un choix industriel. Pour les habitants, la conséquence est simple : ils peuvent désormais déposer tous leurs emballages plastiques dans le bac de tri.
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